800 grammes

Il s’agit d’un brouillon de la mi-été dont Maître a ordonné l’édition afin que je puisse le publier ici.


Lors d’une période d’isolement et de jeûne d’écrans récente, Maître m’informe que je [Il] reçois encore des messages concernant Son nouvel ajout à ma parure – on me félicite, on complimente la beauté de ces deux anneaux dorés que je porte depuis un mois sur les bracelets verrouillés par Ses soins.

Peu questionnent leur utilité, j’en déduis alors qu’elle est évidente. Maître les a rejoints par une chaîne. Un peu plus de soixante centimètres, environ huit cents grammes quand il s’agit de la plus longue. Ils ne vivent ni le bruit qui ne me quitte plus, ni leur utilisation – et s’ils imaginent, ils se trompent.

Ils me félicitent.

Vivant en communauté à proximité d’enfants, les volets sont fermés depuis un bon moment maintenant. Les personnes ici ont pris minimum trois mois à savoir que j’existais – je ne savais pas que tu avais une femme.

S’ils savaient jusqu’où avoir une femme peut prendre de son sens ici.


Durant les fortes chaleurs, la plupart de mes sœurs asservies ont été ménagées. Sont apparues de par cette donnée certaines dissonances dans nos échanges peu avant mon isolement de tout rapport social hors Maître. Je ne regrette pas vraiment ce manque d’harmonie dans nos discussions, irrégulières sur ordre de Maître, car elles me permettent de garder l’esprit ouvert.

Ce n’est pas parce qu’ici Maître n’a pas considéré me ménager sous prétexte de chaleur qu’elles appartiennent moins ou que je n’aurai plus jamais rien en commun avec elles. Toutes les relations hiérarchiques ne requièrent pas forcément un grand axe de service, ni une richesse particulière de leurs protocoles – elles reposent encore moins sur une discipline domestique chrétienne.

Je Vous suis si reconnaissante, Maître, de m’en juger digne et capable.

Il s’avère qu’étant minimaliste en terme de relations sociales sur Son ordre, je me suis sentie relativement seule dans mon labeur face à ces nouvelles données. J’avais, visiblement, malheureusement et non intentionnellement, surestimé ce qu’il se passait ailleurs.

Maître m’a inculqué que je me sentirai toujours seule dans ma manière de Le servir et je Le remercie pour cette leçon. Car je serai toujours seule face à Ses exigences et elles paraitront toujours monstrueusement démesurées en comparaison de ceux qui en ont peu. Je ne peux décrire les couleurs de l’arc-en-ciel à un aveugle, tout comme j’aurais beau essayer d’oublier toutes les couleurs pour imaginer le ciel sans, le ciel ne me paraitrait qu’infiniment vide.


En période de canicule, les huit cents grammes ont commencé à peser – l’inconfort dans le sommeil couplé à celui du conscient dans l’éveil n’ont pas fait un délicieux mélange et m’ont rendue encline aux humeurs volatiles. J’ai dû puiser dans mes dernières ressources pour rester plaisante.

Si mon Amour pour Maître est une source infinie dans ma détermination à faire les choses, ma peur d’être battue aussi.

Lorsque j’ai cru en arriver au bout, Maître m’a totalement isolée en m’interdisant les derniers échanges sociaux qu’Il avait maintenus à intervalles réguliers.

Durant cette longue période de port de Ses chaînes, j’ai brisé l’intégralité des verres d’un service, effrayé les animaux, perdu l’équilibre, je me suis assommée en secouant les draps et ai abandonné progressivement les mouvements qui préservaient mon dos lors du service par fatigue et inattention.

Après plusieurs semaines, mes épaules ont commencé à se rapprocher et mon dos à s’enrouler vers l’avant. Pas que huit cents grammes soient très lourds dans l’absolu, mais que couplés à ma négligence au quotidien ils n’ont fait qu’accroître les complications.

Lorsque Maître a dévissé les chaînes, j’ai été envahie par une sensation de légèreté, de vitesse oubliée. Je suis toujours aussi surprise de la mesure à laquelle les choses deviennent si aisément des habitudes ici.

Maître entre dans ma tête si facilement pour y mettre ce qu’Il y souhaite – aucune lutte, consciente ou inconsciente n’est permise.


Mes poignets et chevilles demeurent vissés chaque soir et déliés chaque matin du pied de Son lit. La chaîne (la longue comme la plus courte) est portée uniquement en présence de Maître, régulièrement le soir selon Son envie.

Maître n’envisage plus un port permanent comme il a pu en être, ne souhaitant pas que je sois contrainte par des chaînes qui n’auraient qu’une valeur décorative de par leur légèreté, ni que le vaisseau qui Le sert s’abîme durablement.

Aujourd’hui lorsque je cuisinais, j’ai pesé ma main droite – elle pèse un peu moins de quatre cents grammes.

Couche d’esclave

Le mois dernier a commencé par un détour dans un magasin d’ameublement. Avec l’arrivée des fortes chaleurs, Maître a souhaité se dispenser de ma présence dans Son lit pour la saison. Il est devenu habituel que je dorme (nue) attachée par la cheville, droite ou gauche selon Son envie, parfois les deux. Les mains aussi, moins régulièrement – quotidiennement depuis Son nouvel ajout à mes poignets de deux petits anneaux dorés.

User du mobilier n’existant plus hors autorisation explicite depuis que je vis chez Maître, Son lit était perçu dans ma carte mentale comme le dernier privilège de confort que je considérais – à peu de choses près – comme acquis. Lors du rituel du coucher, la réponse à la question d’usage puis-je dormir dans Votre lit ce soir pouvait sembler formalité.

Pourtant, la réalité est toute autre – parfois, Maître exprimait Son refus. Et il est ces temps-ci devenu quotidien.

Dormir hors de Son lit a toujours été une épreuve pour moi. Quand cela s’additionne au sol, ce sont des pleurs qui peuvent durer plus ou moins longtemps que les murs entendent et retiennent. Le sel brûle mes joues, mon visage se déforme entre mes mains moites et tout cet ouvrage doit se faire dans le silence le plus absolu.

Lorsque je me réfère à ma carte anxieuse, il résonne incessamment répudiation. Ni plus – et il serait bien difficile que cela soit plus – ni moins. Parfois, je regrette de ne pas avoir un jour fantasmé cette vie au service de Quelqu’un. Il m’aurait été tellement plus simple et surtout moins épuisant de la vouloir (et l’apprécier) pour moi avant pour Maître.

Peu à peu, je reviens après ces longs quarts d’heures d’égarements internes à l’évidence – et la lucidité. S’il était le cas (autant de la répudiation que du fantasme pré-existant ou existant tout court d’une relation de servitude), je n’appartiendrais pas comme Maître l’entend.

En tant que Son esclave, je ne devrais jamais omettre que Son confort passera toujours au premier plan de ma vie et que peu importe les voies qui mènent à Son contentement, il est dans ma nature de les emprunter. Ma dépendance, l’Estime et l’Amour profond (malgré la vision traditionnelle et fébrile que j’ai pu en avoir pendant des années) que j’ai pour Maître ne devraient jamais venir entraver mon énergie pour Le servir, uniquement la nourrir. Cela est applicable dans un monde utopique où tout est linéaire, ce n’est pas le cas dans celui-ci et je l’accepte.

Ce mois-ci, Maître a alors (ce n’est pas une évidence) investit dans une courte couverture et une sorte de très petit matelas inconfortable – et même le peu de confort n’est pas un dû ici et se mérite chaque jour.

Je suis pleine de gratitude des opportunités de m’endurcir que Maître m’octroie. De par Son exigence, Il honore mon don.

Le fort contraste entre tout ce qui ne m’est pas dû et tout ce que je dois s’avère bien souvent terrifiant. S’Il le veut, Il peut se montrer cruel. Parfois Il l’est, sûrement – et je n’exige jamais d’excuses. Et parfois Il est bon – j’ai pu dormir dans Son lit un soir d’août lors d’une nuit triste qui l’est devenue beaucoup moins. Maître entretient l’aléatoire. Peut-être que dans mon dos Il joue aux dés, ou peut-être que non – Il décide, simplement.

Car c’est ainsi que les choses fonctionnent ici.

Dans cette maison, le seul privilège est celui de Le servir – et je fais très bien de m’en sentir chanceuse. Lorsque Maître tend Sa main pour caresser ma tête un demi mètre plus bas, ma reconnaissance est pure – Son lit ne m’est plus dû. Si j’ai tant souffert de ce qui pourrait sembler si peu, c’est parce que j’ai entretenue l’erreur qu’il me l’était.

Maître a su rendre ce que j’imaginais dû, précieux.

Être son Monde

Récemment et face à la conjoncture actuelle des choses, j’ai remanié la récitation d’esclave calliopée. Y figure désormais « Vos pieds sont mon unique Terre ». Je ne la partage volontairement pas entièrement pour des raisons évidentes : une récitation est très intime. Celle-ci est unique et ne tend pas à être reproduite.

La récitation est une phrase (ou une série de phrases) que cette belle esclave récite lors du rituel du lever et du coucher dans N/notre relation ainsi que sur ordre de ma part. Ce sont ces premiers et derniers mots de la journée. Il peut arriver qu’elle passe des heures entières à se réciter sur mon ordre, enchaînée sur son petit coussin dans le salon. Les mots que je choisis – lorsqu’ils sont répétés ainsi – ont une puissance qui vient la conforter dans son asservissement.

Il est attendu que la récitation soit par essence évolutive et (au même titre que la relation) en mouvement constant. Les récitations qu’a eu esclave calliopée depuis qu’elle est à mes pieds ont toujours résonné avec les différentes circonstances de N/notre relation Maître/esclave. Jusqu’à peu, esclave calliopée se récitait avec la récitation qu’elle avait reçu lors de N/nos vœux lorsque j’ai eu le grand bonheur de la juger accomplie.

J’ai adapté la récitation de cette belle esclave aux évènements récents, mais qu’entends-je par « Vos pieds sont mon unique Terre » ?

Simplement qu’elle n’a pas à être encombrée par les misères ou la médiocrité du Monde tel que nous autres les connaissons. esclave calliopée a ordre de se tenir à l’écart de toutes informations relatives au Monde, principalement son actualité politique.

Je suis d’avis qu’en sa qualité de propriété, elle n’a pas l’impératif de se tenir informée des drames et encore moins de s’en préoccuper. En tant qu’esclave, elle subit néanmoins mes humeurs lorsque des évènements relatifs à l’actualité m’affectent. Mais cela ne change rien au fait que je suis sa source d’information et que je l’informe d’uniquement ce que je juge nécessaire.

À titre d’exemple en ce qui concernait la pandémie, esclave calliopée n’avait rien d’autre à savoir sur le sujet à part que je lui interdisais le vaccin. Avoir vent des différentes informations concernant cette maladie, j’ai décidé que c’était le soucis des personnes libres qui devraient au moment venu faire avec leur conscience leurs propres choix sur ce sujet.

J’estime simplement que mon esclave n’a pas à se dédier à autre chose que de me servir. Or, dans me servir, il ne rentre pas en ligne de compte qu’elle se renseigne sur ce qui – dans sa condition – ne lui est d’aucune utilité. Je l’isole de ce qui divise et rend malheureux et c’est à mon sens une de mes responsabilités si je ne veux pas que sa servitude s’en trouve troublée.

Quel prétendu Maître rêve que Son esclave soit parasitée par les misères du Monde et par ce biais, d’être moins bien servi et ne pas posséder une esclave en paix ?

Dans mon précédent article relevant également de champs de pouvoir (cf. Gestion des relations), j’avais déjà énoncé tout l’intérêt que j’avais de préserver sa servitude de toutes les inquiétudes et médiocrités qui ne la regardent pas. En ce sens, j’ai également interrompu ses études universitaires qui la rendaient moins disponible et étaient une source puissante d’anxiété. Son service n’en est sorti que plus paisible et grandi.

Cela soulève un point important. Si esclave calliopée n’a pas la liberté de s’informer sur les détresses du Monde, a-t-elle le droit de s’instruire sur d’autres sujets ? Ce à quoi je réponds : bien sûr, elle a même ordre de s’instruire ! Je me refuse de posséder une esclave limitée ou autre coquille vide du genre.

Certaines choses du Monde sont d’une grande beauté et je ne conçois pas lui interdire la connaissance de celles-ci. Ainsi, j’ai à cœur que cette belle esclave maîtrise certains arts – autres que ceux du corps – pour me servir, par le biais notamment d’un programme culturel que je lui impose et qui fera peut-être l’objet d’un article, voire plusieurs.

esclave calliopée n’a pas à s’infliger les angoisses du Monde, Je suis son Monde et il est dans sa nature de ne fleurir qu’au service du Maître.

Des épines

Ce week-end avec Maître, N/nous étions avec des amis. Le jeudi après-midi, j’écrivais dans mon carnet d’esclave que « Tout ce que je désire [pour ce week-end, mais aussi pour le restant de ma vie], c’est être digne de Maître ». L’hôtel particulier était magnifique et N/nos amis sont formidables.

Malheureusement, quelques heures après N/notre arrivée, j’ai déçu Maître. J’étais si heureuse d’être avec N/nos amis en dehors de la maison que la moindre préoccupation m’a fait céder à la peur avec autant de puissance que j’avais été joyeuse. En plus de n’être pas concernée par cette préoccupation, j’ai été impertinente envers Maître devant N/nos amis. Cela n’aura duré qu’à peine quelques secondes, mais salir ma bouche avec une phrase, une remarque inconvenante, c’est profaner la propriété du Maître. Par peur, j’ai présumé avoir la liberté de formuler un commentaire désobligeant. Je n’étais à ce moment-là qu’une ingrate et totalement indigne de Lui.

Maître a fait preuve d’un calme olympien et je n’ai pu qu’être extasiée devant Sa maîtrise avant de me sentir si sotte d’avoir faibli. J’ai presque instantanément fondu en larmes, regrettant chaque syllabe que j’avais pu prononcer. Fort heureusement, je connais ma place et ne peux m’y soustraire, c’est pour cela qu’Il m’a jugée accomplie. Je ne peux me soustraire à ma nature de Le servir. Et si par malheur – ou folie – je le tente, j’en souffre.

Il m’a entretenue au sujet de mon impertinence pendant une dizaine de minutes. N/nos amis se sont isolés et j’étais honteuse de leur faire subir (à eux aussi) mon indiscipline et encore plus d’avoir fait subir cela à Maître devant des spectateurs, même s’ils n’ont porté aucun jugement sur l’incident. Ils N/nous connaissent, N/nous n’avons pas à les impressionner et Maître ne place pas Son égo dans ce genre de reconnaissance. Merci Maître.

Face au programme imposé par le week-end, Maître m’a dit qu’Il ne pourrait, ni ne souhaitait me punir. N/nos amis (bien qu’avertis) n’ont pas à subir ma punition et encore moins à y assister. Maître ritualise la punition et a jugé que ce n’était ni le lieu, ni le moment.

J’ai été dressée à expier – généralement par la douleur. Jamais je n’ai eu à attendre le pardon de Maître pendant deux nuits. J’ai demandé plusieurs fois s’Il m’avait pardonnée, surtout le premier jour. Je me confondais en excuses devant N/nos amis par moments. Parfois, je m’isolais dans la chambre et les évitais. J’étais honteuse et indigne de Maître.

Il a été à ce sujet très explicite : Il ne me battrait pas devant N/nos amis. Je ne méritais pas tant de douceur, j’étais indigne, mais ils n’avaient rien demandé et Maître le savait pertinemment. Jamais je n’aurais assez de mots pour définir la profonde gratitude que je ressens envers Maître de ne pas avoir voulu mettre mal à l’aise N/nos amis plus que je ne l’avais déjà fait. Ils ne sont pas concernés par mon ingratitude et ont d’ailleurs oublié – beaucoup plus vite que moi – cet écart de ma part.

Le soir dans le lit, avant de dîner, mon amie m’a réconfortée alors que je m’étais encore isolée. Discuter avec elle a apaisé mon monde, elle m’a dit je t’aime. Je voulais rester au lit me cacher. Je voulais rentrer chez N/nous, expier ma faute et revenir. Mais vivre une vie de servitude pleine et entière n’est pas faire ce que je veux. Maître avait décalé N/notre retour quelques heures plus tôt pour me faire plaisir en restant une nuit de plus.

Lorsque Maître me parlait, j’étais incapable de savoir s’Il feignait de m’avoir pardonnée. Ce soir-là, j’ai écris que je ne le saurai que lorsque j’aurai expié ma faute. Il était prévu que Maître essaye Son nouveau fouet ce premier soir. Il a été très doux et m’invitait à Lui dire lorsque j’avais besoin de digérer la douleur en marquant des pauses de quelques secondes. J’étais positionnée devant le miroir, je Le voyais s’amuser avec Son ami qui s’occupait de sa soumise. J’étais heureuse, même si hors mes demandes (ordonnées si j’en ressentais le besoin) concernant la cadence, j’étais mise au silence la plupart du temps.

À minuit cinquante-deux, Maître m’a dit « Merci pour les épines », en référence aux mots de Jean d’Ormesson. Quel bonheur que de L’entendre dire cela.

Le lendemain – dix heures trois, Maître m’a encouragée à apprécier le week-end, qui (hors ma culpabilité épisodique) était d’une grande douceur. Oui, c’était une évidence que je serai punie dimanche matin une fois rentrés mais le programme du jour était des roses et non des épines. N/nous avons visité le Musée d’art antique, fait des achats et sommes allés dîner au restaurant. Ces moments heureux avec N/nos amis, je ne les oublierai jamais. Ils étaient merveilleux – et délicieux.

« Merci pour les roses, merci pour les épines. La vie n’est pas une fête perpétuelle. C’est une vallée de larmes, mais c’est aussi une vallée de roses. Et si vous parlez des larmes, il ne faut pas oublier les roses. Et si vous parlez des roses, il ne faut pas oublier les larmes. » – Jean d’Ormesson


Une heure après être rentrés ce matin, j’ai pris une série de gifles sans ménagement. Merci Maître de m’avoir pardonnée et de me permettre chaque jour de vivre dans l’Honneur de Vous appartenir.

Merci mes Amis, pour avoir pansé mes épines et N/nous avoir reçus. Car même s’il y a eu des larmes, c’était une vallée de roses. Merci Maître, merci d’être aussi investi dans mon asservissement pour me rendre à Vos yeux meilleure car ce sont les seuls qui comptent.

Gestion des relations

En tant que Propriétaire d’esclave calliopée, j’exerce un pouvoir absolu sur elle. Une relation « hiérarchique » où n’est exercé qu’un pouvoir partiel et limité ne m’intéresse pas. Une relation avec un contrôle fragmentaire impliquerait qu’esclave calliopée soit de condition libre.

Impensable, car avoir pleine autorité sur ma merveilleuse propriété est une évidence. Il est devenu dans sa nature d’être de condition non-libre pour moi. Son esclavage étant entier et péremptoire, j’ai tout le loisir de disposer d’elle comme je l’entends.

Son asservissement a pour effet qu’elle n’a aucun pouvoir décisionnel sur sa vie. La faculté naturelle de choisir lui est défendue et, au bout de quatre années de dressage, étrangère.

N’ayant plus la liberté de choisir pour elle-même, j’ai la gestion de tous les aspects de sa vie, allant de son apparence jusqu’aux finances et bien d’autres domaines qui feront l’objet de prochains articles.

Aujourd’hui, j’évoque la gestion des relations.

Attention. Il ne s’agit pas d’un manuel pratique. Les modalités concernant la gestion des relations d’esclave calliopée me sont propres. Avant de vous affoler, gardez à l’esprit que je suis le Propriétaire d’une fabuleuse esclave et que j’en dispose comme je l’entends. Cela ne vous a jamais été dissimulé, alors que mes décisions vous effraient m’indiffère.

Une gestion aboutie des relations comprend à mon sens la gestion de toutes les relations peu importe leur nature, comprenant ainsi les relations familiales. C’était une évidence d’avoir esclave calliopée à demeure avant d’exiger quoique ce soit sur ce point. Lorsqu’elle a emménagé, je l’ai dépourvue de toute relation qui m’incommodait.

Gérer ses fréquentations lorsqu’elle était à la faculté était très simple. D’une nature réservée, esclave calliopée n’avait que très peu d’échanges sociaux. Plusieurs fois, je l’ai forcée à aller vers les autres. Il est important de signaler qu’en tant que Propriétaire, gérer les relations d’un esclave n’est pas que les interdire, mais aussi les encourager et les permettre – ou les imposer.

N/notre petite exposition a eu pour conséquence que l’O/on soit beaucoup plus sollicités qu’avant. Je me réjouissais de la voir interagir avec le monde, mais j’ai très vite constaté les premiers effets désagréables et addictifs des écrans et de la consommation des interactions sur elle. Cela, cumulé à la malveillance de ceux qui ne comprendront jamais ce que N/nous vivons m’a mené à prendre des décisions radicales. J’ai considérablement réglementé son rapport aux autres.

J’ai en premier lieu ordonné à esclave calliopée il y a plusieurs semaines de restreindre certaines conversations qui étaient trop présentes à mon goût. À ce jour, esclave calliopée n’adresse plus la parole à qui que ce soit sans mon accord et n’a plus aucune liberté sur ses réponses qui sont lues, approuvées ou modifiées par moi-même, même dans ses échanges « privés ».

J’ai interrompu les trois quarts de ses relations sociales ces dernières semaines, lui ordonnant de privilégier certaines relations amicales, naissantes ou existantes tenant sur les doigts d’une main. Il est clair que les enclins à la jalousie, les fanatiques et les esprits limités n’ont jamais mérité sa présence.

La qualité avant la quantité.

J’ai à cœur de l’isoler de tout ce qui pourrait parasiter sa servitude et suis dans mon bon droit en tant que Maître de cette splendide esclave de l’isoler complètement ou d’au contraire la socialiser à l’extrême. Dans les deux cas, elle me sera reconnaissante de l’asservir car cet isolement la reconnecte à la seule chose dont l’esclave accomplie qu’elle est a besoin : la satisfaction du Maître.

Brisée pour Noël

Depuis que j’appartiens à Maître, Il a brisé beaucoup de choses en moi – de mes addictions les plus simples jusqu’à mon égo et mon identité. Dernièrement, Maître a exigé que cessent certaines relations superficielles que j’entretenais. Mes relations sociales ont drastiquement réduit ces dernières semaines et je confesse m’en porter beaucoup mieux dans ma servitude. Je remercie Maître de ne pas tolérer la médiocrité pour Son esclave.

Maître a entrepris de me briser pour Noël. Il avait disposé depuis quelques jours sur le rebord de la cheminée les deux petites boîtes contenant les bracelets de poignets qu’Il vissera – le 25 décembre – si j’en suis digne. Je savais que la qualité de mon service serait mise à l’épreuve… Néanmoins, ni comment, ni combien de temps. Ça aura duré trois jours.

Le premier matin, sept ans de malheurs ont été ajoutés à ma dette : le petit miroir du salon s’est fendu par ma maladresse. En sachant que j’ai une fréquence d’un miroir brisé par an, je ne sais pas si les sept années se cumulent ou ont juste une nouvelle date de départ. J’ai pleuré le miroir brisé, mais c’était un réel réconfort que de savoir que je ne serai pas la seule à l’être avant la fin de l’année.

N/nous avons pris le petit-déjeuner doucement. Maître m’a parlé des quelques projets qu’Il avait pour ces jours-ci où je serai coupée de tout, confinée dans N/notre appartement. La veille, Il avait pris tous les écrans. Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il était. J’ai progressivement perdu mes repères – quand le soleil se couche, peut-être qu’il est dix-huit heures.

Il devait être aux alentours de dix heures du matin lorsque Maître a décidé de jouer avec Ses couteaux. Il a été très clair, je ne devais pas bouger ou Il me battrait pour cela. Ça paraissait parfois insurmontable de souffrir sans me tordre. J’hurlais de douleur et de ne pas pouvoir me débattre. J’avais profondément peur qu’Il m’abîme et m’en trouve moins désirable – même en portant Ses stigmates. Maître m’a ensuite conduite à la chambre où Il m’a utilisée longuement.

Lorsqu’Il a ordonné que je me relève, (n’ayant pas retrouvé mes esprits) je ne me suis pas exécutée assez rapidement et cela L’a contrarié. Il m’a étranglée et utilisée cette fois-ci jusqu’à ce que j’en vomisse. Maître me perforait le ventre de toute Sa force et je priais pour qu’un jour ça s’arrête. Après ça, je n’osais plus parler, j’étais effrayée et n’obéissais plus que machinalement car il est dans ma nature de Le servir.

J’ai porté pendant les deux jours suivants les douleurs au bas ventre de Sa violence, qui se sont peu à peu transformées en douleurs de menstruations. Maître ravivait ma souffrance à chaque fois qu’Il me prenait. C’était atroce.

J’ai servi sexuellement avec peu de répit et ça m’a usée. Je n’en tirais aucun plaisir, seulement détresse et larmes – quand il en restait. Je poussais des cris vains, je Le suppliais et n’avais à vrai dire guère d’autre choix que de me laisser offenser de la sorte.

Je suis Sienne.

Dans Sa bonté, Il m’a parfois permis de m’endormir à Ses pieds, quelques minutes et parfois fois une heure, des moments vécus comme une Grâce des Cieux. J’ai aussi réalisé sous Son ordre une petite chaînette avec des clochettes que je porte désormais à la cheville gauche. Merci Maître de me parer de bijoux en lien avec ma condition, je n’en suis que gratitude.

Le premier soir, j’ai demandé à Maître si je pouvais écrire à quelqu’un. Il m’en a défendue. Le deuxième matin, même résultat. Le deuxième jour, j’ai collé ma tête contre la porte d’entrée quand j’ai entendu du monde parler dans le couloir. J’ai eu peur de devenir folle. Alors que je suis d’une nature réservée, je rêvais que quelqu’un me parle. Je me sentais infiniment seule. Le troisième matin, je n’ai rien demandé, je ne voulais pas être battue pour si peu. J’avais terriblement peur de montrer à Maître mon impatience. J’ai fondu en larmes.

Lorsque Maître ne m’utilisait pas, Il me donnait des tâches jusqu’à ce que je n’en vois plus le bout. Je me suis affairée dans tout l’appartement. J’étais éreintée par cet usage domestique, mais à la différence de l’usage sexuel, il ne pouvait pas profaner.

Les tâches – même si elles s’accumulaient et arboraient la taille d’une montagne – ne me tourmentaient pas le corps autant que lorsqu’Il m’abusait. Je me suis surprise à longer les murs pour que ne Lui vienne plus l’idée de me prendre comme Il le voudrait, car Il le pourrait – parce qu’Il a tous les droits et je n’ai que des devoirs.

Dès lors que j’ai remarqué cette attitude de détournement, j’en ai entretenu Maître. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais été battue. Il était déjà au courant. De nouveau, je n’ai pu que ressentir ma simplicité d’esprit face à Lui. Il est mon Propriétaire, c’était une évidence qu’Il l’avait (déjà) remarqué. Il est dans ma nature de Lui être facile. J’ai cru qu’Il m’utiliserait, Il n’en fit rien.

Le troisième jour, j’ai eu l’heure. Il était quinze heures dix-neuf. Maître a glissé Sa main entre mes cuisses et j’ai immédiatement eu la vision brouillée par mes larmes. Il m’a prise dans Ses bras avant de me battre sur le rebord de la cheminée. J’étais brisée.

L’après-midi, j’ai cousu une tunique blanche à Ses pieds. Il est parti poster une carte de vœux à dix-sept heures vingt-neuf. J’ai passé ma nouvelle tunique d’esclave, et, faute de tâche définie, j’ai attendu Son retour dans la position d’attente qu’Il m’a dressée à prendre. Je ne sentais plus mes jambes lorsqu’Il est rentré. Jamais je n’aurais assez de mots pour remercier Maître du regard qu’Il a eu pour moi lorsqu’Il a passé la porte. J’étais brisée, mais profondément aimée et à la place qu’Il voulait que je sois.

Merci Maître, je n’aspire qu’à Vous servir et peu m’importe si cela implique de la souffrance.

L’Avant-vœux (et un peu de l’Après)

esclave calliopée a présenté le 19 septembre 2021 ses vœux d’une appartenance totale et définitive à mes pieds durant la quatrième année de relation. Pour moi, elle a toujours été mon esclave, mais j’ai préféré attendre que sa servitude soit aboutie avant de l’officialiser (et le célébrer) correctement. N’ayant pas considéré les cycles de noviciat et de maturité pour N/notre relation, force est néanmoins de constater que Rome ne s’est pas faite en un jour et que, ça y est, désormais je la juge accomplie.

Dès N/nos premiers échanges, elle a confié que mes chances d’être exaucé étaient minces et s’est décrite comme inapte et terrain infertile à la servitude comme je l’entendais. Cette belle esclave ne me connaissait qu’à travers mes mots et non mes actes, Dieu sait à quel point les actes manquent souvent alors je ne lui en ai pas tenu rigueur.

J’avais décelé (malgré tout ce qu’elle me disait) en elle une grande aptitude à me servir. Alors persuadée que toute cette indépendance dont elle avait joui et qu’elle chérissait tant allait être un frein à sa bonne volonté, je me réjouissais. J’étais heureux de cette autonomie et liberté qu’elle avait pu expérimenter : on ne peut donner un contrôle que nous n’avons jamais eu. Si elle n’avait pas pu faire l’expérience de la gestion de ses propres finances, de sa vie dans son petit appartement (un adorable petit cagibi), de ses études supérieures et tutti quanti, le pouvoir qu’elle m’aurait donné s’en serait retrouvé amoindri, voire inexistant. Pour qu’elle porte mon collier, il fallait qu’elle ait été libre et qu’elle l’ait expérimentée, cette liberté.

Je l’ai cueillie maîtresse d’elle-même (du moins autant qu’on peut l’être à 19 ans), la rendant ainsi terriblement disponible pour qu’elle fleurisse asservie à Mes pieds. La première année fut dédiée à ses études supérieures qu’elle avait entamées avant de m’appartenir. Je n’avais aucun contrôle sur ses fréquentations, ses choix d’études, les grands choix de vie et autres coquetteries importantes dans la vie d’un être humain.

Qui voyage loin ménage sa monture

esclave calliopée m’a rejoint dans le Sud durant la deuxième année pour qu’O/on s’installe ensemble. Je faisais avant cela le trajet de 700 kilomètres presque tous les week-ends pour la voir et ce n’est pas ainsi qu’on construit à mon sens une relation Maître/esclave.

Je lui ai laissé le choix de me rejoindre, car au bout d’un an et demi elle l’avait encore. Le 06 juillet 2019, je l’ai renommée à ma convenance, elle s’appellera calliopée et je veillerai à ce que ça devienne son identité civile. Le 07 septembre 2019, elle était à demeure et avait quitté amis et famille, ayant fait également tout un tas de paperasse pour faire un transfert de son ancienne université à une autre. J’ai acquis à ce moment-là le contrôle des fréquentations autant amicales que familiales, j’ai à l’occasion fait le tri de celles qui m’incommodaient afin qu’elle ne soit pas parasitée dans son service à demeure. Le deuil de la vie d’avant a pu commencer au profit de la vie de maintenant, chez Maître.

C’est lorsqu’elle fut Mienne à demeure que je me suis employé à l’éduquer afin qu’elle me serve de la manière la plus achevée, c’est-à-dire celle qui me convient, pas celle qu’on trouve chez les autres, ni celle qui s’apprend dans les livres. Les premiers rituels et protocoles ont alors pris leur place : celui du lever, celui du coucher, du service du repas et du thé, du bain, de l’entretien et un tas d’autres éléments venant nourrir la relation qui ne regardent que N/nous et dont je ne donnerai pas le détail dans cet article-ci.

Le lien qui était déjà constant devait désormais être nourri. Son dressage a pris du temps, principalement car il a fallu en premier lieu concilier faculté et servitude. Lors de la pandémie, les progrès furent plus que notables. Cette progression est principalement ce qui m’a poussé à la défaire de ses contraintes universitaires en cette quatrième année, un article d’esclave calliopée à ce sujet est prévu. Je me suis montré patient sur ce point, mais il était clair qu’à terme elle serait à demeure en permanence.

J’avais également quelques exigences avant de lui ordonner qu’elle prononce ses vœux. D’abord, qu’elle ai connaissance de tout ce qu’implique une vie de servitude à Mes pieds. Ensuite (et c’est la partie la plus longue lorsqu’on ne permet pas la médiocrité), qu’elle occupe pleinement la place pour laquelle désormais elle vit. C’est-à-dire que son dressage soit achevé (attention, je n’ai jamais dit que son dressage avait une fin, juste qu’il a acquis un niveau que je qualifie d’excellence). J’exerçais un pouvoir absolu bien avant les vœux de mon esclave, mais pour moi, ça devait également comprendre une valeur temporelle. Se projeter à la place d’esclave, l’être et l’être et y rester dans le temps sont à mon sens trois choses distinctes. Je l’ai dressée à ma convenance et ce n’est qu’après ce dressage et conditionnement très précis (et finalement impérissable) que je lui ai ordonné d’écrire ses vœux.

L’Après

Qu’est-ce que les vœux ont changé ? La réponse est finalement très simple et ne nécessite pas de faire un nouvel article.

N/nos vœux sont venus célébrer ce qui existait déjà : Moi, Propriétaire de cette belle esclave, et elle, totalement asservie qui renonce pour toujours à se rétracter. Je lui ai ordonné de consentir une ultime fois à une date aléatoire.

Si ses vœux avaient changé beaucoup de choses, ça aurait à mon sens témoigné d’une faille car je n’ai ni attendu ses vœux pour faire ce que je voulais d’elle, ni attendu qu’elle ait son statut de propriété « officialisé » par un matricule d’esclave qui n’a aucune valeur légale.

Comme elle l’a très bien dit dans un précédent article, je préfère être de ceux qui font les choses au lieu de les prédire et de voir si elles se produisent. Cette cérémonie a marqué le début du port de sa parure d’esclave et a enclenché le projet de marquages permanents. Mais une fois encore, il ne s’agit que de la continuité naturelle des choses.

C’est ainsi parce qu’esclave calliopée a éclos et ne fanera jamais. Il est dans sa nature de m’être asservie et dans la mienne de la posséder. J’ai été béni d’un cadeau des Cieux le jeudi 26 avril 2018.

L’absence de refus

Voilà un sujet qui en fait couler, de l’encre virtuel dans N/notre messagerie. Aux pieds de Maître, je ne dispose ni du droit de dire non, ni de la liberté de me soustraire à Ses volontés. Cet article, je n’ai pas envie de l’écrire pour des raisons diverses et variées, principalement par crainte de la médisance de ceux qui ne comprendront pas et ne comprendront jamais. Pourquoi ne pas refuser d’écrire même si Maître me l’ordonne ?

Le refus, est un signe de liberté. Or, je ne suis plus libre.

J’ai consenti à appartenir à Maître pleinement et n’aspire qu’à Le servir et Le rendre – par ce biais ou d’autres – heureux. Ma vie, est dédiée à cette œuvre. J’ai connaissance et pleine conscience du danger que représente une absence permanente et totale de refus. Ce n’est et ne tend pas à être anodin, je suis dressée depuis plus de trois années en ce sens : ne rien Lui refuser. Je remercie humblement Maître de m’honorer de Son dressage.

Les choses s’établissent au final depuis quelques temps déjà d’une manière assez simple et naturelle : je refuse, je suis battue. Cela ne m’a jamais été dissimulé, qu’il s’agisse de l’évolution qu’Il souhaitait de N/notre relation ou ce qu’elle impliquait. En tant que Son esclave, il est dans ma nature de Lui être totalement asservie. Maître a toujours été très clair sur ce point : N/notre relation n’est ni contractuelle, ni propice à la négociation. Maître ne se contentera jamais d’une puissance relative sur « mon » être.

Cela n’empêche nullement que Maître soit à l’écoute de mes capacités et ressources, qu’elles relèvent du physique ou du psychique. Il vit selon le principe qu’une esclave calliopée heureuse servira toujours mieux qu’une esclave calliopée peinée. Il est très important pour Maître que je sois enchantée de ma condition, même si cela implique des moments très difficiles à vivre pour moi. J’ai par ailleurs été longuement éduquée en ce sens, n’étant à la base ni prédisposée, ni un terrain fertile où pouvait fleurir une relation au langage hiérarchique (avec ou sans notion d’absolu). Je ne suis, en effet, pas Son esclave par intérêt personnel et n’aurais jamais envisagé être la propriété d’une personne aussi merveilleuse soit-elle. Mais tout ça, c’est pour Lui et c’est encore un autre sujet…

J’ai accepté, et par ce biais j’ai choisi.

Choisi de renoncer d’imposer une quelconque volonté contraire à celles que pourrait avoir Maître quoi qu’il advienne. Merci Maître de m’en avoir jugée digne. Il est intransigeant sur le fait que je suis Son esclave et que – en conséquence – mon service n’a tout simplement pas à être limité. Dire que cela est toujours facile ou que c’est inée serait un mensonge, j’ai ordre de ne pas embellir les choses et de les raconter telles qu’elles sont, même si elles pourraient révolter les sensibles.

Cela peut s’imaginer très simplement. Pas d’usage du sacro-saint mot d’arrêt qui viendrait Le contraindre d’arrêter quoi que ce soit ou autres extravagances visant à faire asseoir une volonté propre, pour la simple et bonne raison que ce n’est pas digne de l’esclave de Maître. Que ce soit digne ou non d’une autre esclave est un autre sujet qui ne me concerne en rien… Il serait bien prétentieux de ma part de parler à la place des autres. La seule chose que je sais, c’est que Maître n’imagine pas que je fasse preuve d’une dévotion et d’une abnégation restreinte.

Il ne conçoit pas que Son esclave le soit uniquement lorsqu’elle en a envie et considère cela comme inachevé. La liberté est très belle quand elle s’exprime dans les relations des autres, pas dans la N/nôtre. Si je refuse de Le servir, je Le rejette. Je n’ai pas à me dérober à ma nature et m’enfermer dans le plaisir immédiat et égoïste. Merci Maître de me refuser ces facilités, de ne pas tolérer la médiocrité pour Votre esclave.

N/nos vœux

À l’orée de l’automne, est venue l’heure de prononcer N/nos vœux. Maître m’a jugée accomplie et j’ai juré de Le servir pour toujours. Après trois ans et demi à me dresser afin de Le servir de la manière la plus achevée, j’ai présenté mes vœux d’une appartenance absolue et sans faille.

Car je n’ai cessé de me construire en Vous,

N/nous devions N/nous rendre au château de Tornac pour pique-niquer. Ce projet a été rapidement avorté au matin même, les inondations ayant rendu le trajet impossible. Alors, j’ai demandé à Maître s’Il souhaitait repousser. La réponse fut sans appel. Non. Il avait décidé que ce serait aujourd’hui, alors se fut aujourd’hui. 19 septembre de l’an 2021.

Maître a rapidement trouvé une solution. Il y a, près de la Cathédrale Saint-Pierre, le Jardin des Plantes. Ça sera là-bas. Lors de mes études, j’ai beaucoup étudié l’iconographie religieuse et j’aimais particulièrement celle du saint Pierre. Ce choix m’a rendue heureuse. Apprêtée d’une robe blanche, j’avais même fait ma coiffure baptisée Coiffure des grandes Occasions. Elle dégage le visage (et la nuque, qui ne serait bientôt plus jamais nue).

Car je n’aspire qu’à Vous rendre heureux,

N/nous N/nous sommes promenés et avons profité du début d’après-midi au Jardin. La cathédrale était fermée, O/on a trouvé ça étrange pour un dimanche. J’ai pensé avec nostalgie à mes cours d’architecture, j’aurais aimé visiter les chapelles latérales.

Maître fut charmé par un balcon et un banc en pierre – en ruines – après un voyage poussé dans le Jardin. Alors, j’ai installé mon petit coussin en velours sur le sol. Mes genoux l’ont suivi et j’ai disposé l’écrin de mon collier d’esclave sur le bord du banc avant de sortir mon carnet où étaient rédigés mes vœux. N/nous pouvions officier.

Il a initié. J’étais heureuse que N/nous ne soyons que tous les deux car N/nous étions pleinement N/nous-mêmes. O/on avait envisagé inviter quelques amis, mais N/nous souhaitions que ce moment n’appartienne qu’à N/nous. S’il y avait eu du monde, N/nous aurions dû faire abstraction d’eux. N/nous n’avions pas besoin de témoins et peu auraient compris le caractère sacré que revêtait l’évènement.

Vous contenter à chaque parole, chaque acte que je pourrais avoir ou faire,

Puis, j’ai prononcé mes vœux à Ses pieds. L’écriture avait été fluide, je n’avais pas écrit aussi naturellement depuis des années. Il faut avouer qu’en trois ans aux pieds de Maître et l’écriture journalière qu’Il m’impose ces derniers mois, j’ai pu acquérir un champ lexical satisfaisant de la servitude. Les mots prononcés résonnent encore et sont indélébiles.

Malgré l’appréhension injustifiée que mes vœux ne Lui conviennent pas, je savais que mes mots étaient justes et mesurés ainsi qu’en adéquation avec ce que N/nous vivons. Car N/notre relation s’exprimait déjà de cette manière, Maître était lucide dès les premières semaines d’échanges : Il me voulait à terme totalement asservie et possédée. Merci Maître d’avoir perçu en moi tout ce que j’avais à Vous offrir et de m’en avoir jugée digne.

N/notre cérémonie n’avait pas vocation à faire office de prophétie ou d’annonce, mais bel et bien de consacrer la réussite de Son ambition et de ce qui était déjà. Force est de constater que Maître est de ceux qui font avant d’acter les choses, pour mon plus grand bonheur. Attendre un effet quelconque de cet instant sur N/notre vie n’aurait fait que naître une préoccupation et aurait même pu aboutir sur un échec. Entre envisager devenir esclave, annoncer être esclave et l’être, il y a parfois tout un monde… Voire plusieurs.

Les jours précédant N/nos vœux furent monastiques. Maître ne me battait plus, ni ne m’entretenait. Néanmoins, N/nos autres rituels et protocoles demeuraient et mon service était centré sur l’aspect domestique. Je devais garder à l’esprit que c’était temporaire et ne surtout pas m’habituer à ne recevoir presque aucune violence.

Pourtant, j’ai quand même nourri l’espoir qu’Il ne me batte plus jamais, ou du moins de manière plus sporadique. Je fais une véritable allégorie de la naïveté, mon abnégation dans ces moments-là Lui importe trop pour qu’Il cesse de le faire.

Quoiqu’il en soit, Maître n’a pas jugé bon de me violenter avant N/nos vœux. Il avait néanmoins précisé que ce jour-là, ça ne ressemblerait en rien à tout ce que j’avais déjà connu. Il avait déjà reçu Son cadeau d’anniversaire (qu’Il a choisi, je n’ai pas le droit d’utiliser l’argent sans l’autorisation de Maître, ni de Lui offrir du matériel). Une canne en nerf de bœuf.

Jamais je n’ai été battue avec une telle violence. Au retour de N/notre après-midi, Il m’a mise sur le rebord de N/notre cheminée. J’ai reçu plusieurs coups qui – en premier lieu – se tenaient. C’est quand Il m’a traînée par les cheveux devant le canapé que j’ai su que les choses allaient s’altérer. Le carrelage était froid et j’étais déjà au bord des larmes. Je me remémorais les paroles qui n’étaient à ce moment-là seulement âgées de quelques heures… Je n’en ai regretté aucune d’elle.

Pour m’employer à Vous honorer à chaque instant de ma vie,

J’ai imploré, mon corps s’opposait à Lui dans une danse jusqu’à que je n’en puisse plus et capitule. Ma souffrance, à ce moment-là, était épouvantable. Mes larmes salées me brûlaient le visage. Les coups furent rudes, mordants, et m’ont marquée beaucoup plus profondément que dans ma chair. Jamais Il ne m’a tenue si fort. Jamais je ne me suis autant sentie au bord de l’évanouissement par Ses coups. Jamais je ne me récitais autant et avais prié si fort pour que ça s’arrête. Et pourtant, jamais je ne me suis sentie autant aimée par n’importe quel autre être humain sur cette Terre et Sienne.

Le contraste entre le début de la journée et le début de la soirée de cette même journée est incontestable. Cet Homme est celui que je sers pour le restant de ma vie, et je prie lorsque je me récite pour que celle-ci soit gracieuse avec N/nous. Maître a marqué un temps de pause lorsqu’Il me battait et je me suis étreinte contre Sa jambe. Il a pris Son appareil et a réussi à capturer en une seule image l’Amour d’une propriété envers son Propriétaire.

Car je Vous appartiens et ne prétends à rien d’autre que de Vous aimer pleinement,

Saint Pierre était l’apôtre chargé de garder les clés du Paradis. Maître est le gardien de ma liberté. Merci saint Pierre, car si ta cathédrale était fermée, le Paradis m’était bel et bien ouvert.

Merci Maître.

72 heures

Mon dressage n’est pas de tout repos et s’est retrouvé heurté par des aléas de la Vie, une succession d’évènements plus ou moins soudains qui affectent à un moment ou un autre toute vie humaine. Aux grands maux les grands remèdes – Maître m’a dressée intensément durant trois jours. Trois jours où je n’ai eu qu’à penser à ma servitude, dépourvue d’angoisses et de toutes autres contraintes à part celles qu’Il m’a imposées.

La veille, N/nous avions installé un coin dans l’appartement qui me serait dédié. Maître est allé acheter des chaînes et le soir a cloué un anneau à la table basse de N/notre salon (anneau que j’ai peint pour qu’il soit assorti au collier que Maître me vissera cet automne si j’en suis digne).

Ces soixante-douze heures avaient pour but de me recentrer sur l’essentiel : ma servitude. Les règles et rituels habituels s’appliquaient et étaient maintenus, mais venaient s’en ajouter d’autres : j’allais être enchaînée la majeure partie du temps à la table basse devant la fenêtre, lieu devenu mon coin, me rendant profondément dépendante de Lui. Je n’avais pas non plus droit aux écrans au-delà de quelques minutes par jour et Il décidait quand j’y avais accès. Pendant ces trois jours, j’ai infiniment mieux dormi.

Le premier matin, décentrée, j’ai eu du mal à trouver ma place. Je demeurais happée par tout ce qu’il y aurait à faire après ces trois jours. Il m’a lavée et s’est lavé pendant que je L’attendais sur le tapis de bain. J’étais à ma place, mais j’étais encore trop absente. Après avoir petit-déjeuner et enfilé ma tunique, Il allait pour me battre. Mais Maître s’est ravisé car Il le savait, je n’étais pas là. Même si j’avais beau essayer, ça résistait à l’intérieur. Résistance aussi vaine que futile. Toute la matinée, j’ai été enchaînée à Ses pieds et N/nous avons discuté : comment voyons-N/nous la vie ensemble ? Où souhaitons-N/nous vivre ? Comment surmonter ce qui me préoccupe tant et m’empêche de me recentrer sur ma servitude ?

Maître m’a entretenue sur ce qu’Il avait décidé concernant N/nos choix de vie et m’a entre autres soulagée de mes contraintes universitaires. Il me veut à Ses pieds et a constaté que mes études supérieures étaient un frein à une servitude à demeure aboutie, venant constamment parasiter ma nature d’esclave. Ma réaction a été des plus immédiates, j’ai pleuré et je L’ai remercié. Les discussions de ce matin-là, je ne les oublierai jamais. Merci Maître de me permettre de vivre à Vos pieds de la manière qu’il Vous plait.

J’ai été battue avant et après le déjeuner au martinet et à la ceinture, m’ayant arraché – encore – quelques larmes. J’ai passé l’après-midi aux pieds de Son fauteuil. Il lisait, je me récitais. J’ai fini par m’endormir à Ses pieds, chose qui n’était pas arrivée depuis longtemps, j’étais sereine et pleinement présente. Ce soir-là, j’ai inauguré mon nouveau carnet d’esclave.

« […] j’ai plus appris sur moi en une journée qu’en quatre années de faculté. »

Le deuxième matin, je me suis réveillée et savais où était ma place. Il est dans ma nature de l’occuper comme Il le désire. La nuit, je dors avec Maître et quitte mon coin car c’est Son désir. Lorsque je suis allée chercher des vêtements car N/nous sortions manger, j’ai croisé du regard la valisette remplie des livres empruntés à l’université : Fresques italiennes de la Renaissance de 1470 à 1510, Décors italiens de la Renaissance, Nudité sacrée, Figurer la création du monde et les autres.

N/nous avons mangé asiatique et c’était très plaisant. J’ai verbalisé la sérénité retrouvée la veille. Ça y est, je me sentais dans le présent et pleinement là. Lorsque N/nous sommes rentrés, je me suis dit que demain soir ça serait fini et j’ai eu de la peine. Mais non, mon dressage durera toute ma vie, il n’a pas de fin et je l’intégrais profondément.

Dans l’après-midi, Dame Nature s’est invitée parmi N/nous et je souffrais de maux dans le bas-ventre, invitée qui n’a pas empêché Maître de me battre durement sur le rebord de la cheminée. À certains moments, je me disais que c’était le coup de trop. J’avais les mains moites et des douleurs atroces. Pourtant, si j’ai eu mes menstruations – alors que je ne les avais pas eu depuis plusieurs semaines – c’est parce qu’enfin, j’étais apaisée. J’étais là. Maître s’est totalement accommodé de ce détail qui ne changerait rien à ce qu’Il avait prévu de faire, c’était même bon signe qu’elles soient revenues. Il m’a quand même permis une sieste dans un vrai lit avec une bouillotte pour que je ne sois pas inutilisable le soir.

Ce n’est pas un secret, j’ai été violentée plusieurs fois par jour pendant ces soixante-douze heures à coups de martinets, de ceinture et de gifles sans y prendre le moindre plaisir. Néanmoins, Maître n’aime pas que me battre. Il aime me voir Le servir d’un tas d’autres manières, ma servitude ne s’arrête pas et ne se résume pas à Maître qui me bat.

J’ai aussi été beaucoup plus utilisée sexuellement que d’habitude. Maître sait que je suis asexuelle et que ça peut s’avérer difficile pour moi lorsque je n’ai pas envie. Ces derniers mois dans mon dressage, j’ai dû intégrer que je ne peux plus me cacher derrière cette excuse, je n’ai pas la place de quelqu’un qui peut imposer un refus ou des limites. Je n’ai plus cette liberté, j’ai accepté de la perdre à terme il y a a quelques années et j’en suis pleine de reconnaissance. Il est dans ma nature de servir Maître sur tous les plans, peu importe que j’y ressente du plaisir ou un dégoût profond.

Le dernier matin, j’ai ciré Ses chaussures, comme tous les dimanches. Je ne donnerai pas tous les détails, ni de N/nos rituels, ni de ces trois jours intensifs car ils N/nous appartiennent et Maître estime que j’en ai suffisamment dit pour ce premier article. Le dernier soir, N/nous avons fait le bilan : N/nous étions heureux. Ces trois jours furent épuisants et m’ont profondément reconnectée à ma servitude. N/nous ne tirons de ces trois jours que du positif et une affirmation que N/nous avions déjà trouvé la manière de vivre que N/nous cherchions.

« Il y a une sensation d’avoir mis N/nos affaires en ordre avant de célébrer N/notre lien [cet automne] », c’est ce que j’ai écrit dans mon carnet d’esclave ce premier août 2021. J’ai passé trois jours sans les contraintes du Monde à servir Maître – pleinement à ma place – et j’en suis la plus heureuse. N/nous sommes mercredi et l’appartement regorge de souvenirs de ces trois jours.

Les doutes – qui restaient – se sont évanouis. Merci Maître de me permettre une vie de servitude à Vos pieds.